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Jusqu’où pourront bien aller les industriels et
les politiques pour maintenir le consommateur à la pompe ? Visiblement
ils ne reculent devant rien sous l’œil décidément fort complaisant des
journalistes qui feraient bien de se documenter un peu plus ou de
carrément annoncer au public qu’ils sont les lécheurs de bottes
patentés du pouvoir économique. Comment a-t-on pu laisser dire autant
de conneries sur le soi-disant bio éthanol ? La question est posée et
je vais m’empresser d’y répondre afin de remettre vite fait bien fait
les choses à leur place.
Le bioéthanol est aussi bio que le pétrole et
l’uranium le sont avant leur processus de transformation chimique.
Employer le préfixe bio pour un produit chimique qui est tout sauf
écologique c’est induire volontairement le consommateur en erreur. Pour
vous en convaincre, voici comment est fabriqué cette saleté de
carburant :
Le bioéthanol ce n’est jamais que de l’éthanol.
Autrement dit de l’alcool. Schématiquement, comment fait-on pour en
obtenir ? C’est tout simple. On fait fermenter des matières biologiques
jusqu’à obtenir 18 % maximum d’alcool que l’on fait ensuite évaporer
pour le séparer du reste. C’est le principe de l’alambic.
A
partir de ça, les industriels et les producteurs de betteraves nous
disent que c’est super – sans jeu de mots. Effectivement, par rapport à
l’essence, l’éthanol rejette 75 % de gaz à effet de serre en moins.
Mais quid de sa production ? Là où le bât blesse, c’est que pour faire
pousser la biomasse destinée à la transformation il faut en passer par
l’agriculture intensive. Ensuite il va falloir utiliser beaucoup d’eau
douce qui devient une denrée rare. Et, comble du comble, pour extraire
l’éthanol il va falloir chauffer les matières fermentées. Donc utiliser
beaucoup d’énergie pour produire de l’énergie. Ce qui oblige à recourir
soit au nucléaire, soit à des énergies fossiles. Cherchez l’erreur….
Alors quel est le véritable impact du bioéthanol sur l’environnement ?
On va tout passer en revue, y compris la partie immergée de l’iceberg.
1) Le bioéthanol est produit à partir de l’agriculture intensive. Il en
découle donc une grande consommation d’eau et l’utilisation d’engrais
chimiques et autres produits phytosanitaires qui sont eux-mêmes très
polluants à produire. Cela induit aussi un épuisement des sols et
soulève le problème de l’utilisation d’OGM.
2) Pour produire
ce faux produit écologique il va falloir utiliser beaucoup d’eau durant
sa transformation. Cela soulève le problème de la pollution de l’eau
douce pour la deuxième fois. Mais le meilleur reste à venir… Récupérer
18 % d’éthanol c’est bien beau, mais qu’est-ce que l’on fait du reste
(le tourteau) ? A l’origine, la plante n’était pas destinée à la
consommation, ce qui peut justifier que l’on charge un peu plus en
produits chimiques et que l’on utilise des OGM soi-disant pour sauver
la planète. Et là où il y a un gros problème, c’est que ce tourteau se
retrouvera indirectement dans votre assiette après transformation en
engrais ou bien alimentation animale.
3) Il existe deux
façons d’extraire l’éthanol. L’une encore très peu utilisée est un
procédé chimique qu’il ne vaut mieux pas connaître et l’autre plus
répandue qui consiste à chauffer. Ce qui signifie une grosse demande
énergétique globale supplémentaire. Pour ce processus les raffineries
utilisent de l’électricité. Autrement dit du nucléaire, du pétrole, du
charbon et juste un petit chouia de renouvelable histoire de faire bien.
4) Dernier point, et non des moindres, pour répondre à la demande les
pays occidentaux se penchent sur l’importation. Ce qui signifie que
l’on va demander aux pays pauvres qui n’ont même pas assez à manger
pour eux de se serrer encore plus la ceinture pour pouvoir produire du
carburant pour nous. Avouez que c’est ignoble. Mais ce n’est pas tout.
La où ça devient encore plus pathétique, c’est que pour pouvoir
transporter ce bioéthanol jusqu’à nous, il va falloir utiliser des
tankers et des camions citernes qui brûleront du gasoil pour
l’acheminer jusqu’à la pompe. Je recommande donc très franchement aux
compagnies pétrolières qui se sont engouffrées dans ce secteur de
remballer leurs publicités à connotation écologique et d’annoncer la
couleur.
Aux vues de tous ces éléments on comprend aisément
pourquoi plusieurs dirigeants des pays du Sud s’élèvent contre cette
fumisterie. Une fois de plus, l’occident a trouvé un bon moyen de
dépouiller les pays pauvres et par la même occasion de nuire à leur
développement en réduisant leur espace cultivable pour les denrées
alimentaires et en polluant durablement les sols. Si le bioéthanol
parait alléchant de très loin sur le papier, ce n’est ni plus ni moins
qu’un bon moyen de passer du pétrole à autre chose tout en conservant
la même rentabilité. L’automobiliste est une vache à lait et l’État ne
peut se passer de ce budget.
Bien que cette cochonnerie de
bioéthanol soit intrinsèquement très proche de la vodka, il n’en a ni
l’ivresse ni le flacon. Ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec
l’eau du bain, il existe d’autres biocarburants qui eux sont vraiment
respectueux de l’environnement. Mais de ceux la on ne vous en parle
pas, parce que vous seriez susceptible de subvenir vous-même à vos
besoins pour un coût dérisoire. Mais ceci est une autre histoire que
vous pourrez découvrir dans de prochains articles.
Par cette
contribution, j’espère vivement vous avoir fait économiser l’achat d’un
kit. Pour avancer dans le bon sens, c’est de vraies alternatives dont
nous avons besoin et non de bidouillages ignobles accommodés d’écologie
de comptoir.
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